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  <title>blocteur</title>
  <description><![CDATA[Voyage dans l’espace et dans le temps sur les traces de Catherine Fanny de Bourboulon à travers l’Asie et la Sibérie.]]></description>
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<item rdf:about="http://www.blocteur.net/blog/index.php?2007/06/30/52-mise-a-jour">
  <title>Commentaires</title>
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  <dc:date>2007-06-30T13:49:46+02:00</dc:date>
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  <dc:creator>Fabrice Blocteur</dc:creator>
  <dc:subject>Général</dc:subject>
  <description>Ce blog est un journal de voyage créé par Fabrice Blocteur parti seul sur les traces de Madame de Bourboulon en juin 2006. Les billets qui apparaissent sur ce blog ont été écrits quotidiennement et presque toujours « à chaud », c’est-à-dire très tard le soir, très rarement relus...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p><img src="/blog/images/Europe/collage1.jpg" alt="" style="display:block; margin:0 auto;" /><br />
Ce blog est un journal de voyage créé par Fabrice Blocteur parti seul sur les traces de Madame de Bourboulon en juin 2006. Les billets qui apparaissent sur ce blog ont été écrits quotidiennement et presque toujours «&nbsp;à chaud », c’est-à-dire très tard le soir, très rarement relus et donc souvent mal corrigés. L’objectif de ce blog n’était pas d’en faire un exemple d’une bonne écriture et d’un français parfait, mais de faire voyager ses lecteurs potentiels et virtuels… <em>Sur les traces de Madame de Bourboulon</em>.</p>


<p>Après avoir parcouru 12 000 km à moto et 8 000 en train, bus, Jeep, camion, voiture et même cheval, le voyage est donc terminé, mais le site demeure. Le journal ainsi que les photos sont toujours accessibles et des commentaires peuvent continuer d’être ajoutés. Il est également possible de communiquer par courriel avec Fabrice Blocteur à l’adresse suivante&nbsp;: neta-bourboulon@usa.net</p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.blocteur.net/blog/index.php?2007/06/24/182-24-juin-saint-germain-en-laye-la-boucle-est-bouclee">
  <title>24 juin - La boucle est bouclée</title>
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  <dc:date>2007-06-24T21:33:58+02:00</dc:date>
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  <dc:creator>Fabrice Blocteur</dc:creator>
  <dc:subject>Europe</dc:subject>
  <description>Je ne sais pour quelle raison, mais l’énorme pierre tombale m’a immédiatement fait penser au mystérieux monolithe du film 2001, l'odyssée de l'espace, probablement à cause de ses proportions. Je ne m’attendais certes pas à trouver cette forme épurée au milieu du vieux cimetière de...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Je ne sais pour quelle raison, mais l’énorme pierre tombale m’a immédiatement fait penser au mystérieux monolithe du film <em>2001, l'odyssée de l'espace</em>, probablement à cause de ses proportions. Je ne m’attendais certes pas à trouver cette forme épurée au milieu du vieux cimetière de Saint-Germain-en-Laye. Lorsque j’avais téléphoné au gardien quelques jours plus tôt pour connaître l’emplacement exact de la tombe, il m’avait parlé d’un tombeau et j’avais alors imaginé un monument funéraire en forme de chapelle avec une lourde porte en fonte flanquée des armoiries de la famille de Bourboulon, et un griffon au sommet du monument pour éloigner les démons. Rien de tel… et c’était beaucoup mieux ainsi. Une stèle toute simple pour recouvrir une femme hors du commun, ça changeait des sépultures tout en flaflas renfermant des personnages tout en chichis.
J’ai cherché d’autres ressemblances entre la stèle et le monolithe, ce ne pouvait être leurs couleurs&nbsp;: noir sidéral pour l’un et granit ivoire pour l’autre, mais le ton des deux s’intégraient parfaitement bien à leur cadre. Un marbre ébène aurait été tout aussi déplacé au milieu de ces anciennes pierres tombales que l’éclatante blancheur d’un frigo se promenant à travers l’espace.</p>


<p><img src="/blog/images/Europe/Fleurs.jpg" alt="" style="float:right; margin: 0 0 1em 1em;" />J’avais tellement retardé l’achèvement de cette ultime étape de mon voyage que je pensais bien ne jamais y parvenir. Pas une seule journée ne s’était écoulée depuis mon arrivée en France sans que j’y pense, mais j’avais remis de jour en jour cette dernière rencontre craignant d’être submergé par l’émotion. Pourtant, aucune émotion ne se manifestait, enfin aucune des émotions anticipées et couramment rêvées par les adolescentes, et si fortes qu’elles peuvent vous faire vaciller et vous forcer à mettre un genou à terre, peut-être même les deux. Et cependant, Madame de Bourboulon était bien là. Son nom était inscrit en toutes lettres. À six pieds sous terre, elle n’avait jamais été physiquement aussi proche de moi&nbsp;; proche nous l’avions souvent été, et beaucoup plus qu’aujourd’hui, mais malgré tout je sentais que nous ne le serions plus jamais et que, peu à peu, elle commencerait à s’éloigner. Pendant des mois elle m’avait guidé et je l’avais suivie. Le temps était maintenant venu de nous quitter. J’étais arrivé au terme de notre voyage.
Le cimetière n’était pas en deuil malgré toutes ces tombes, mais l’été tout juste arrivé le rendait presque gai&nbsp;: il n’inspirait pas la mort, mais la vie. Ce solstice d’été, journée de la Saint-Jean, où pointait le soleil, venait donc achever, jour pour jour, l’année que je venais de passer à suivre les traces de Madame de Bourboulon à travers deux continents, depuis cette après-midi écrasée d’humidité où, du portique d’une petite église catholique de Pékin, toute proche de la Cité interdite, j’avais suivi une autre jeune femme pour débuter la première étape d’une longue série qui allait me faire cheminer longtemps. Que de kilomètres parcourus&nbsp;! que d’aventures vécues&nbsp;! Ce que cette femme m’avait fait découvrir pendant ces quelques mois allait bien au-delà de ce que j’avais pu rêver de meilleur et surtout de pire et resterait pour moi inoubliable&nbsp;: un cadeau de l’au-delà, un envoi du ciel.</p>


<p>Le soleil avait commencé sa descente vers le couchant et se trouvait face à moi, dans l’axe de la stèle. Depuis mon arrivée, l’ombre projetée avait avancé lentement parmi les tombes et commençait à lécher le mur d’enceinte. Autre coïncidence, dans le film de Kubrick aussi le soleil joue parfois à cache-cache avec le monolithe, et plusieurs alignements parsèment l’histoire du début à la fin, alignements d’êtres vivants (singes ou hommes) ou de corps en mouvement dans l’espace (planètes ou engins spatiaux). À la fin du film, face au monolithe dressé dans l’axe de sa chambre et du lit où il repose, un astronaute se voit rapidement dépérir et renaître sous la forme d’un fœtus astral, complétant ainsi une boucle éternelle. Il se voit disparaitre et ressusciter, périr pour mieux revivre. Ce n’est pas seulement une résurrection, c’est une évolution.
Ce cimetière était un parfait exemple de ce cycle&nbsp;: il n’inspirait pas l’idée de la mort, mais faisait penser que des vies s’étaient achevées pour que d’autres puissent mieux cheminer… encore plus loin… encore plus belles. La stèle, en dessous de laquelle Madame de Bourboulon reposait, ne me renvoyait pas au passé, elle me projetait vers le futur. Oui, cette stèle ne me ramenait brièvement en arrière que pour me faire entrevoir, juste un court instant, <a href="http://www.blocteur.net/blog/index.php?2006/05/22" hreflang="fr">ce jour du mois de mai</a> déjà lointain où j’avais, suite à la nouvelle que je venais juste de recevoir, entrevu avec une immense joie, mais aussi avec une appréhension certaine, le voyage que je m’apprêtais à effectuer et qui allait me permettre d’arriver jusqu’ici afin, moi aussi, de faire un deuil, celui d’un voyage achevé, et de reprendre la route pour aller plus loin… toujours plus loin…</p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.blocteur.net/blog/index.php?2006/11/13/179-claireau-j-147">
  <title>Claireau (J + 147, 304 km)</title>
  <link>http://www.blocteur.net/blog/index.php?2006/11/13/179-claireau-j-147</link>
  <dc:date>2006-11-13T23:31:59+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Fabrice Blocteur</dc:creator>
  <dc:subject>Europe</dc:subject>
  <description>Je prends la route du sud en direction du château de Claireau en empruntant pour un moment la Nationale 7. Je pense à Trenet en écoutant de la musique classique. Il fait gris. Je n’en espérais pas tant. Je bifurque lentement vers le sud-ouest et me perds volontairement sur de petites routes de...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Je prends la route du sud en direction du château de Claireau en empruntant pour un moment la Nationale 7. Je pense à Trenet en écoutant de la musique classique. Il fait gris. Je n’en espérais pas tant. Je bifurque lentement vers le sud-ouest et me perds volontairement sur de petites routes de campagne. Vastes et mornes plaines avec comme uniques montagnes de lointains clochers gris à peine visibles dans cette grisaille hivernale de novembre. Même les corbeaux se sont mis en deuil pour accentuer la tristesse de ce jour. J’essaye de retarder le plus longtemps possible cette visite que je ne souhaite pas vraiment.</p>


<p>Forêt d’Orléans. C’est à la suite d'une promenade dans cette forêt par un temps comme aujourd’hui qu’elle a ressenti une douleur et s’est alitée sans jamais se relever. Je n’aime pas cette forêt. Je m’y arrête pourtant pour aller y marcher un moment sur un sentier qu’elle a peut-être parcouru. Je ne peux plus attendre plus longtemps. D’ici une heure la nuit va commencer à tomber. Je dois y aller.</p>


<p>J’atteins Sully-la-Chapelle quelques minutes plus tard et je me rends vers l’entreprise que dirige le propriétaire actuel du château. Il est absent. Je passe néanmoins devant cette magnifique demeure et je m’arrête face à la longue allée qui y mène. Un gros chien se précipite vers moi en aboyant. Je n’irai donc pas plus loin.</p>


<p>Dix heures du soir. J’appelle le propriétaire pour obtenir l’autorisation de voir le château de plus près et de prendre quelques photos, ne serait-ce qu’à titre personnel. L’autorisation est refusée. C’est sans doute mieux ainsi. Je préfère avoir visité les endroits où elle passa et vécut que celui où elle s’arrêta et mourut, car, pour paraphraser Jules Verne, ce n’est pas l’histoire de ses souffrances et de son décès, c’est l’histoire de son voyage et de ses découvertes qui méritait d’être partagée et vécue.</p>


<p>Que Dieu vous garde Madame</p>


<p><img src="/blog/images/Europe/claireau.jpg" alt="" style="display:block; margin:0 auto;" /></p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.blocteur.net/blog/index.php?2006/11/12/178-confirmation-j-146">
  <title>Confirmation (J + 146)</title>
  <link>http://www.blocteur.net/blog/index.php?2006/11/12/178-confirmation-j-146</link>
  <dc:date>2006-11-12T13:23:00+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Fabrice Blocteur</dc:creator>
  <dc:subject>Europe</dc:subject>
  <description>Il fait gris. Je viens de vérifier mes messages. J’ai reçu la confirmation que Madame de Bourboulon est bien morte au château de Claireau dans le Loiret. Voilà le message qu’un parent de la famille habitant ce château m’adresse.


Monsieur,


Veuillez trouver les enseignements que j'ai pu...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Il fait gris. Je viens de vérifier mes messages. J’ai reçu la confirmation que Madame de Bourboulon est bien morte au château de Claireau dans le Loiret. Voilà le message qu’un parent de la famille habitant ce château m’adresse.</p>


<p><img src="/blog/images/Europe/luxembourg.jpg" alt="" style="float:left; margin: 0 1em 1em 0;" /><em>Monsieur,</em></p>


<p><em>Veuillez trouver les enseignements que j'ai pu recueillir au sujet de la mort de madame de Bourboulon :</em></p>


<p><em>En octobre 1865, monsieur et madame de Bourboulon ont rendu visite au marquis et à la marquise de Courcy à Claireau. D'après monsieur de Courcy, "madame de Bourboulon a moins d'entrain, moins de gaieté, moins de vie qu'à l'ordinaire. Pendant la saison qu'elle a suivie récemment aux bains de Divonne, un refroidissement subit a gravement affecté ses bronches.</em></p>


<p><em>A la suite d'une promenade faite en forêt par un temps froid et pluvieux, elle a ressenti tout à coup une douleur aiguë&nbsp;dans la poitrine et a dû s'aliter.</em></p>


<p><em>Le médecin a diagnostiqué une pleurésie grave. Après quelques jours de grandes souffrances, la pauvre succombe. Ses restes furent transportés à Saint-germain, dans le tombeau de la famille des Bourboulon.</em>"</p>


<p><em>Voila donc les seuls renseignements que je puisse vous fournir, en espérant qu'ils vous seront utiles. Je pense que le lieu où elle repose est Saint-Germain-en-Laye.</em></p>


<p>C’est donc à Saint-Germain que se terminera cette aventure. Il ne me reste plus qu’à trouver l’endroit exact où elle a été inhumée.</p>


<p>Je suis triste d’apprendre que ces derniers jours furent des jours de grandes souffrances. J’aurais préféré apprendre qu’elle était morte suite à une chute de cheval. Mais je m’y attendais un peu. Plusieurs fois elle avait mentionné ses ennuis de santé sans jamais s’en plaindre. Qui était auprès d’elle pendant ses derniers jours&nbsp;? A-t-elle été consciente jusqu’à la fin&nbsp;? Quelqu’un lui tenait-il la main quand ses yeux se sont éteints&nbsp;? Trente-huit ans. Elle n’avait que trente-huit ans.</p>


<p>Quarante ans. C’est l’âge de Sylvie. Le mois dernier elle a accouché de son troisième enfant. La vie continue. J’ai rencontré Sylvie et son mari Philippe au pied du Nanga Parbat en 1995. Je les ai revus quelques semaines plus tard à Katmandou. Chaque fois que je débarque à Paris, je passe leur dire bonjour. Une fois sur deux ils me présentent leur dernier-né. Cette fois-ci il s’agit de Nicolas. Ce soir on a de nouveau parlé voyage et mangé de la cuisine indienne que Philippe prépare très bien.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.blocteur.net/blog/index.php?2006/11/11/177-11-novembre-j-145">
  <title>11 novembre (J + 145)</title>
  <link>http://www.blocteur.net/blog/index.php?2006/11/11/177-11-novembre-j-145</link>
  <dc:date>2006-11-11T17:07:11+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Fabrice Blocteur</dc:creator>
  <dc:subject>Europe</dc:subject>
  <description>Journée du souvenir. Dès demain tout sera oublié. Et c’est peut-être mieux ainsi. Ça évite les rancœurs et les rancunes. « Je peux pardonner, m’avait dit ma mère à propos de la dernière guerre, mais je ne peux pas oublier ». Contrairement à elle, j’ai eu la chance de ne pas...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Journée du souvenir. Dès demain tout sera oublié. Et c’est peut-être mieux ainsi. Ça évite les rancœurs et les rancunes. «&nbsp;<em>Je peux pardonner</em>, m’avait dit ma mère à propos de la dernière guerre, <em>mais je ne peux pas oublier</em> ». Contrairement à elle, j’ai eu la chance de ne pas souffrir de cette guerre. Je n’ai donc rien à pardonner. Les ennemis de mes aïeuls sont devenus mes amis.</p>


<p>Je n’irai pas à l’Arc de triomphe assister à la commémoration de cette journée sur la tombe du soldat inconnu. Je préfère traverser le cimetière Montparnasse et me perdre au milieu des tombes des gens connus. Il devient de plus en plus international ce cimetière. <img src="/blog/images/Europe/medicis.jpg" alt="" style="float:right; margin: 0 0 1em 1em;" />Des tombes chinoises où sont inscrit le lieu de la provenance de défunts nés en Asie côtoient des tombes juives et chrétiennes de gens originaires d’Afrique du nord ou d’ailleurs. «&nbsp;<em>Va où tu veux et meurs où tu dois</em> » me disait parfois ma mère.</p>


<p>Jardin du Luxembourg. Il y a si longtemps. J’habitais alors Paris. Je me souviens de la fontaine Médicis. Je repasse devant le bassin où navigue des petits voiliers que des enfants poussent à l’aide de bâtons vers des pays imaginaires. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment ces bateaux font pour virer de bord et revenir à l’endroit où leurs jeunes capitaines les attendent.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.blocteur.net/blog/index.php?2006/11/10/176-guerre-et-paix-j-144-313-km">
  <title>Guerre et paix (J + 144, 313 km)</title>
  <link>http://www.blocteur.net/blog/index.php?2006/11/10/176-guerre-et-paix-j-144-313-km</link>
  <dc:date>2006-11-10T21:58:49+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Fabrice Blocteur</dc:creator>
  <dc:subject>Europe</dc:subject>
  <description>Trois semaines après mon arrivée à Sedan, me voilà donc reparti pour une avant-dernière étape qui devrait me mener jusqu’à l’endroit où Madame de Bourboulon est décédée. Je ne sais toujours pas où elle repose, mais dès que j’en serai informé, cet endroit fera l’objet de...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p><img src="/blog/images/Europe/ecluse.jpg" alt="" style="float:left; margin: 0 1em 1em 0;" />Trois semaines après mon arrivée à Sedan, me voilà donc reparti pour une avant-dernière étape qui devrait me mener jusqu’à l’endroit où Madame de Bourboulon est décédée. Je ne sais toujours pas où elle repose, mais dès que j’en serai informé, cet endroit fera l’objet de l’ultime étape de ce voyage au cours duquel j’aurai parcouru, en cinq mois et à travers deux continents, 20 000 kilomètres, dont 12 000 en moto.</p>


<p>Mais ce n’est pas la moto que j’emprunte pour effectuer cette avant-dernière étape en longeant la voie ferrée jusqu’à Paris, mais une voiture. Il est midi. Il fait beau. C’est aujourd’hui le 10 novembre, et nous sommes à la veille de l’armistice d’une guerre qui devait être la dernière, <em>«&nbsp;la Der des ders »</em> comme on l’appela, mais qui ne fut que le prélude d’une autre qui devait voir le nombre des victimes doubler.</p>


<p>Quatre survivants français annoncent les radios ce matin. Il ne reste que quatre poilus qui ont surmonté l’horreur des tranchées afin de vivre <em>«&nbsp;la suite du monde »</em>. Les nombreux cimetières militaires que je croise tout au long de la route, située au centre même de cette tourmente, me rappellent le carnage de ce suicide collectif européen et ceux pour qui la vie fut de courte durée.
<em>«&nbsp;À quoi sert l’Europe&nbsp;? »</em> m’avait demandé quelqu’un à Vilnius en parlant de la Communauté européenne. C’est la question qu’une partie des gens de là-bas et d’ici se posent aujourd’hui. <em>«&nbsp;Au moins à une chose, avais-je répondu, à ne plus se battre entre Européens&nbsp;; et si ça ne devait être que la seule et unique raison, ce serait déjà une avancée énorme que les habitants de ce continent auraient accomplie »</em>. Et comme exemple, j’avais cité celui de ma famille. Mes grands-parents avaient traversé avec douleurs et privations trois guerres&nbsp;: la guerre franco-prussienne de 1870, la Grande Guerre et la Seconde Guerre mondiale. Mes parents avaient été témoins et victimes des deux dernières. Mes frères et sœurs de la dernière.</p>


<p>Quant à moi, je n’en avais encore connu aucune. Je n’avais donc pas eu, contrairement à mes ainés, soit à prendre les armes et à aller me battre, soit à faire mes bagages et à aller me réfugier autre part en attendant des jours meilleurs. Dans le pire des cas, si je n’avais pas été tué, j’aurais retrouvé ma maison brulée et rasée en rentrant, et, dans le meilleur, je l’aurais retrouvée pillée ou occupée. C’est au moins à ça que servait l’Europe&nbsp;; à ne plus se battre.</p>


<p>Reims dont j’aperçois sur ma droite la cathédrale où se faisaient sacrer les rois de France. Mon père y est né et j’y ai travaillé quelques mois. J’avais dix-huit ans. C’est là que j’ai connu Michèle. Au cours de notre première sortie ensemble, en rentrant à mon appartement tard le soir, une voiture noire garée sur le côté de la cathédrale avait subitement démarré pour se diriger tous phares éteints dans ma direction. J’avais pris mes jambes à mon cou et couru vers le commissariat de police. La voiture avait freiné brusquement. J’avais entendu des portières claquées et je m’étais mis à zigzaguer en pensant qu’on allait me tirer dessus. Je venais de la campagne et je pensais que les villes étaient peuplées de bandits.</p>


<p>— Halte! Halte où on lâche les chiens.</p>


<p>C’était la police.</p>


<p>Ils m’avaient emmené au commissariat, le même commissariat que j’avais essayé de rejoindre en courant. Ils voulaient s’avoir pourquoi je m’étais enfui et n’avaient pas vraiment apprécié que je leur dise les avoir pris pour des malfrats. Comment savoir&nbsp;? Leur voiture ne portait aucun signe distinctif. Ils avaient fini par me relâcher une heure plus tard.</p>


<p><img src="/blog/images/Europe/tombe1418.jpg" alt="" style="float:right; margin: 0 0 1em 1em;" />À Soissons une pancarte indique la direction du Chemin des Dames. Ce doux nom évocateur de promenades poétiques cache mal la boucherie qui se déroula sur ce plateau surplombant les vallées de l'Aisne et de l'Ailette. Pendant quatre ans, alliés et Allemands s’échangèrent à tour de rôle la maitrise de ce point stratégique au prix de lourdes pertes. Le nombre de morts tombés ici ne sera jamais connu avec exactitude, mais on avance le chiffre de près d’un demi-million.</p>


<p>À une soixantaine de kilomètres de Paris, je fais un petit détour par un autre confluent géographique <a href="http://www.confluence.org/confluence.php?visitid=13137">(49°N 3°E)</a>. Ce sera le dernier  de la quinzaine que j’ai visitée depuis mon départ du Japon en juin dernier. Il se trouve au bord de la Marne, sur un territoire à l’origine d’une légende, celle des fameux Taxis de la Marne transportant depuis Paris une armée tout entière pour ainsi sauver la capitale et renverser le cours de la bataille en faveur du camp français. Une nouvelle fois me voilà replongé au cœur de la Première Guerre mondiale.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.blocteur.net/blog/index.php?2006/10/22/175-ardennes-j-143-218-km">
  <title>Ardennes (J + 143, 218 km)</title>
  <link>http://www.blocteur.net/blog/index.php?2006/10/22/175-ardennes-j-143-218-km</link>
  <dc:date>2006-10-22T22:20:36+02:00</dc:date>
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  <dc:creator>Fabrice Blocteur</dc:creator>
  <dc:subject>Europe</dc:subject>
  <description>En arrivant à Liège Madame de Bourboulon avait deux possibilités pour rejoindre Paris : la première, assez longue, en passant par Bruxelles et Amiens; et la seconde, plus courte, en passant par Charleroi. Mais un troisième trajet, encore plus court, pouvait également être emprunté afin...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>En arrivant à Liège Madame de Bourboulon avait deux possibilités pour rejoindre Paris&nbsp;: la première, assez longue, en passant par Bruxelles et Amiens; et la seconde, plus courte, en passant par Charleroi. Mais un troisième trajet, encore plus court, pouvait également être emprunté afin de rejoindre la France plus rapidement. Il suffisait tout simplement de continuer à remonter la Meuse et de passer par Givet, cette pointe de la partie nord-est du territoire français qui s’enfonce très profondément dans la Belgique.</p>


<p>Alors pourquoi ne pas envisager cette possibilité? Et bien parce que la ligne de chemin de fer n’était pas encore complétée. Elle s’arrêtait alors à Namur. Par contre, depuis la ville frontière de Givet, la ligne vers Paris était ouverte depuis déjà six mois. Chaque jour, quatre trains quittaient cette ville pour Paris en passant par Mézières, Reims et Soissons. Le premier partait de Givet à 6h47 pour arriver à Paris à 16h25.</p>


<p>La distance de Namur à Givet n’étant que de moins de cinquante kilomètres, il n’est pas impossible que Madame de Bourboulon ait décidé d’emprunter la malle-poste ou le bateau (deux moyens de transport très utilisés à l’époque) pour effectuer ce court trajet et ainsi se retrouver plus rapidement sur le territoire français. Après tout, elle avait effectué une grande partie de son voyage en utilisant ces types de transport et quelques kilomètres de plus ou de moins ne l’auraient certainement pas dérangé. Bien au contraire. En choisissant le bateau, elle aurait retrouvé pour quelques heures le même plaisir que celui qu’elle avait éprouvé en naviguant sur la Kama et la Volga.</p>


<p><img src="/blog/images/Europe/Dinant.jpg" alt="" style="float:left; margin: 0 1em 1em 0;" />Quoi qu’il en soit, c’est ce trajet que j’ai personnellement décidé de suivre en quittant Namur ce matin. C’est une belle journée d’automne. Je longe tranquillement la Meuse jusqu’à Dinant (de <em>deo nantes</em>, vallée des dieux) avec son église collégiale que surplombe l’imposante forteresse. Je m’arrête pour prendre un café et rencontre une touriste russe qui refuse de croire que j’arrive de Russie. Elle me demande néanmoins de la prendre en photo en posant assise sur le siège de la moto.</p>


<p>Je n’ai jamais vu autant de motards depuis mon départ du Japon à l’exception de ce festival à Novossibirsk auquel j’avais participé. Mais il faut dire que cette région se prête parfaitement aux plaisirs de la conduite motorisée. Pourtant les Ardennes restent méconnues, surtout des Français. Ils considèrent cette région comme leur Sibérie&nbsp;: peu développée, peu hospitalière, couverte de forêts et qu’ils croient habitée par des gens frustres plus proche des bêtes que des hommes.</p>


<p>À l’âge de 17 ans, en compagnie d’un ami, j’avais entrepris de faire le tour de la France en autostop. Du côté de Vire, en Normandie, nous avions été pris par une automobiliste. Quand elle apprit que nous venions des Ardennes, elle nous avait demandé si cette région été équipée de routes pour circuler. On lui avait répondu que non et qu’on y chassait encore le sanglier avec des pics et des lances pour se nourrir. Elle n’avait pas semblé surprise par notre réponse.</p>


<p>Si pendant longtemps on s’est plu à imaginer que les habitants de cette contrée étaient des bûcherons un peu arriérés, ils furent d’abord et avant tout des forgerons et de fiers artisans du fer. Et tellement fier de ce savoir que, jusqu’à la fin des années soixante-dix, l’Ardenne française refusa de croire que cette industrie était en perte de vitesse. Ce n’est que récemment qu’il a été décidé, un peu à contrecœur, de prendre le virage des services et de faire connaître cette région en s’ouvrant au tourisme.</p>


<p>Mais je suis encore en Belgique et ici les touristes y affluent depuis plusieurs années et ne manquent pas. La route est bordée d’hôtels, de restaurants et de commerces déjà bien occupés malgré l’heure matinale. Je franchi la frontière à Givet sans même m’en apercevoir et je continue de longer le fleuve en traversant les villages d’Aubrives et Vireux Molhain adossés à la forêt et au roc.</p>


<p>Arrivé à cet endroit, je repasse de nouveau en Belgique pour un aller-retour de quelques dizaines de kilomètres afin de visiter le confluent géographique <a href="http://www.confluence.org/confluence.php?visitid=13119">50°N 5°E</a> situé le long d’une petite route. Encore une fois la frontière est franchie dans les deux sens sans m’en rendre compte. Difficile de savoir si je suis en Belgique ou en France sauf que, même si le paysage reste le même, du côté français, c’est le calme plat. Tout ou presque est fermé. Et pourtant comme ils sont jolis ces villages aux toits recouverts d’ardoise. Mais ils restent endormis en rêvant d’un passé prospère ou la métallurgie tournait à plein régime et ou le mot chômage ne faisait pas partie du vocabulaire.</p>


<p>Je poursuis tranquillement la remontée du fleuve&nbsp;: Haibes, Fumay, Revin Anchamps, Laifour. Nous sommes au pays de l’ardoise et des «&nbsp;scailleteux », ces hommes dont le travail consistait à extraire la pierre bleue du sol. Arrivé à Monthermé je retrouve un autre cours d’eau que je connais bien et que j’aime beaucoup, un affluent de la Meuse, la Semois.</p>


<p>Prenant sa source à Arlon en Belgique, elle traverse les provinces du Luxembourg et de Namur avant de passer en France pour y changer de nom. Et bien qu'elle fasse plus de 200 kilomètres de cours d’eau, elle n'en fait que 80 kilomètres à vol d’oiseau tant elle est sinueuse. C’est donc la Semoy qui se jette dans la Meuse à Monthermé.</p>


<p><img src="/blog/images/Europe/Montherme.jpg" alt="" style="float:right; margin: 0 0 1em 1em;" />Dans les Ardennes, ces eaux de la Meuse et de la Semoy, chargées d’histoires et de légendes, vont de pair avec les forêts et les montagnes. Elles font corps avec le pays. Au creux des nombreux méandres, des villages se lovent, tandis que sur les hauteurs d’autres se perchent.</p>


<p>À partir de Bogny-sur-Meuse j’emprunte le «&nbsp;boulevard industriel » des Ardennes qui longe le fleuve jusqu’à Mouzon. Ce boulevard n’est plus aujourd’hui qu’une ruelle en partie désaffectée que même son rond-point formé de deux villes, Charleville et Mézières, n’arrive pas à ravivé. Autrefois distinctes, ces deux villes n’en forment plus qu’une depuis quarante ans. Mézières, ancienne ville de garnison, et Charleville, fondée au 17ème siècle par un prince italien et destinée à rivaliser avec Sedan, autre capitale princière mais fief protestant mise en valeur par un seigneur allemand deux siècles plus tôt.</p>


<p>Si Madame de Bourboulon emprunta ce trajet jusqu’ici, c’est à Mézières qu’il lui fallu l’abandonner et laisser la Meuse derrière elle pour se diriger vers le sud et rejoindre Paris. Quant à moi, je la quitte pour quelques jours pour remonter le fleuve d’une vingtaine de kilomètres supplémentaires et aller visiter des membres de ma famille à Sedan.</p>


<p><img src="/blog/images/Europe/sedan.JPG" alt="" style="float:left; margin: 0 1em 1em 0;" />Sedan, ville où j’ai vu le jour, est bâtie en bordure de la grande forêt des Ardennes entre le monde germanique au nord et le monde latin au sud. Sedan, développée par deux maisons princières&nbsp;: les La Marck (Allemands) et les La Tour d’Auvergne (Français). Sedan, citée de Turenne rattachée à la couronne de France en 1642, l’année même ou Montréal était fondée. Sedan, où a été bâtie le château-fort le plus étendu d’Europe et où réfugiés juifs et protestants pouvaient toujours trouver refuge. Sedan, ville manufacturière dotée d’une histoire prestigieuse mais qui, depuis 1870, a subi toutes les défaites françaises. Sedan enfin, que la devise <em>undique robur</em> (force de toute part) avait rendue prospère mais qui, depuis plus de trente ans, se cherche une nouvelle voie à défaut d’un nouveau prince.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.blocteur.net/blog/index.php?2006/10/21/174-la-meuse-j-142-291-km">
  <title>La Meuse (J + 142, 291 km)</title>
  <link>http://www.blocteur.net/blog/index.php?2006/10/21/174-la-meuse-j-142-291-km</link>
  <dc:date>2006-10-21T21:05:23+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Fabrice Blocteur</dc:creator>
  <dc:subject>Europe</dc:subject>
  <description>Le temps avait du mal à choisir entre soleil et pluie quand j’ai mis mes bagages sur la moto. Il a finalement penché en faveur du soleil avec une température un peu plus fraiche qu’hier.


J’ai repris l’autoroute pour me diriger vers Aachen, ou Aix-la-Chapelle en français, l’ancienne...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Le temps avait du mal à choisir entre soleil et pluie quand j’ai mis mes bagages sur la moto. Il a finalement penché en faveur du soleil avec une température un peu plus fraiche qu’hier.</p>


<p><img src="/blog/images/Europe/confluent21oct.jpg" alt="" style="float:right; margin: 0 0 1em 1em;" />J’ai repris l’autoroute pour me diriger vers Aachen, ou Aix-la-Chapelle en français, l’ancienne capitale de Charlemagne et lieu de couronnement des empereurs du Saint Empire romain pendant 600 ans. Mais quelques kilomètres avant d’y arriver, j’ai fait un petit détour pour aller visiter le confluent <a href="http://www.confluence.org/confluence.php?visitid=13097">N°51 E°6</a> que j’ai trouvé le long d’un petit chemin après avoir longé sur plusieurs kilomètres la frontière hollandaise située à moins de 500 mètres.</p>


<p>Elle se franchit sans même qu’on s’en aperçoive cette frontière qui n’est plus que psychologique, parfois linguistique, comme la frontière entre l’Allemagne et la Belgique que j’ai traversée moins d’une heure plus tard en reprenant l’autoroute et en me dirigeant cette fois vers Liège. Pour la première fois depuis de nombreuses années, je pouvais de nouveau communiquer dans ma langue maternelle pour demander un renseignement et me commander un café.</p>


<p>Madame de Bourboulon avait parlé de sa joie d’apercevoir un clocher de Sibérie à sa sortie de Mongolie. J’ai également éprouvé une certaine joie en retrouvant la Meuse à Liège, ce fleuve qui m’a vu naître sur sa berge tout comme Rimbaud et Jeanne d’Arc à qui Péguy avait mis dans la bouche ces vers fameux&nbsp;:</p>


<p><em>Adieu Meuse endormeuse et douce à mon enfance</em><br />
<em>Toi qui demeures aux prés où tu coules tout bas</em><br />
<em>Adieu Meuse! j'ai déjà commencé ma partance</em><br />
<em>Vers des pays nouveaux où tu ne coules pas</em>.<br /></p>


<p>Mais ce n’est pas à Liège qu’elle est la plus belle cette Meuse endormeuse. Ce n’est pas non plus en amont dans sa Bourgogne natale où elle prend sa source, pas plus qu’en aval dans ce Pays-Bas où elle se mêle au Rhin pour former un large delta avant de se jeter dans la mer du Nord.</p>


<p>La Meuse n’est la plus belle qu’au moment où elle hésite à aller plus de l’avant et se contorsionne en de nombreux méandres pour faire durer son plaisir à traverser ce magnifique massif que sont les Ardennes et avec qui elle se marie si bien: son calme adoucit la rugosité de ces monts. Pour les Celtes ce fleuve était un dieu. Il était donc normal que ce mariage se fit puisque la déesse Arduina habitait les forêts profondes de cette région à qui elle donna son nom.</p>


<p><img src="/blog/images/Europe/meuse21oct.JPG" alt="" style="float:left; margin: 0 1em 1em 0;" />J’ai donc remonté la Meuse de concert avec la voie ferrée jusqu’à Namur. C’est là que j’avais décidé de passer la nuit avant de poursuivre plus avant et de l’accompagner à travers la forêt et ses méandres. J’ai trouvé un hôtel-restaurant chinois, <em>Le Jardin du Thé</em>, juste à l’entrée de la ville.</p>


<p>À part le personnel originaire de Shanghai, la Chine était peu représentée à cet endroit. Les tables rondes avait fait place aux tables occidentales rectangulaires ou carrés recouvertes de très belles nappes, de larges assiettes blanches, de couverts, de vers à pied et de chandelles.</p>


<p>Le service de table était fait à la française et le thé omniprésent dans un service chinois totalement absent. Le riz d’accompagnement n’était pas blanc et collant à grain court mais pilaf à grain long et légèrement épicé. Le poulet <em>oriental</em> mélangé à du poivron vert et des champignons était délicieux mais sa préparation était plus thaïe que shanghaienne.</p>


<p>Et pour finir de ne pas me dépayser, les baguettes étaient absentes. Heureusement, je ne voyage jamais sans baguettes; des baguettes laotiennes en bois noir surmontées de petits manchons en argent. Je suis donc retourné les chercher dans mon sac pour donner à ce repas un petit semblant d’Asie et semer un certain étonnement parmi le personnel chinois.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.blocteur.net/blog/index.php?2006/10/20/173-dun-fleuve-a-un-autre-j-141-444-km">
  <title>D’un fleuve à un autre (J + 141, 444 km)</title>
  <link>http://www.blocteur.net/blog/index.php?2006/10/20/173-dun-fleuve-a-un-autre-j-141-444-km</link>
  <dc:date>2006-10-20T22:19:23+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Fabrice Blocteur</dc:creator>
  <dc:subject>Europe</dc:subject>
  <description>Il pleuvait en partant et il pleuvait en arrivant. Mais le temps entre les deux a été magnifique et la température est grimpée jusqu’à 20°, une température que je n’avais pas connue depuis des semaines.


Je me suis renseigné au petit déjeuner. Clausewitz est bien né ici. Mais jusque...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Il pleuvait en partant et il pleuvait en arrivant. Mais le temps entre les deux a été magnifique et la température est grimpée jusqu’à 20°, une température que je n’avais pas connue depuis des semaines.</p>


<p>Je me suis renseigné au petit déjeuner. Clausewitz est bien né ici. Mais jusque très récemment la population de Bourg l’ignorait totalement. L’ancien gouvernement de la RDA avait fait table rase du passé et pris grand soin de garder les fantômes enfermés à double tour dans le placard.</p>


<p>Il y a quelques années un groupe de Chinois en visite officielle avait demandé à visiter des lieux associés au général prussien. Consternation chez les élus et fonctionnaires municipaux. Clausewitz? Ah oui! Attendez. On a cherché. Et les Chinois ont attendu. En vain. On n’a rien trouvé. La maison où il était né avait été rasée. Depuis on essaye de réhabiliter ce passé si longtemps ignoré et un petit musée a été construit pour rendre hommage à l’enfant du pays.</p>


<p><img src="/blog/images/Europe/villaoct20.JPG" alt="" style="float:right; margin: 0 0 1em 1em;" />Quant à la Villa Wittstock, elle n’était pas construite lors du passage de Madame de Bourboulon. Mais si elle l’avait été, elle n’aurait pas manqué de la voir. La voie ferrée qu’elle emprunta passe à cent mètres. Cette maison a été bâtie en 1900. Le propriétaire, un pharmacien, l’habitait seul en compagnie de sa mère. Je me suis étonné que deux personnes puissent habiter une maison aussi grande. La propriétaire actuelle pense que tout le rez-de-chaussée devait servir à des réunions entre les notables de la ville. Le pharmacien et sa mère devaient se servir du second et le personnel de maison occupait le troisième.</p>


<p>C’est donc sous une petite pluie fine que j’ai quitté la pension. J’attendais à un feu rouge avant de prendre l’autoroute quand subitement quelqu’un m’a frappé sur l’épaule. Je me suis retourné. C’était le conducteur de la voiture qui me suivait, un homme d’une soixantaine d’années, qui de toute évidence n’était pas très content. Il ne cessait de répéter <em>blinklicht, blinklicht,</em> en me montrant la moto et la route en arrière. Il semblait donc que j’avais oublié le <em>bleaklicht</em>. Ça me disait quelque chose <em>blinklicht</em>. Ah oui&nbsp;! <em>blink</em>, la même chose en anglais pour 'cligner' et <em>licht</em> en allemand pour 'lumière'. J’avais oublié mon clignotant. Je me suis excusé et ça l’a calmé.</p>


<p>La veille à Berlin je m’étais aussi fait rappeler à l’ordre par un autre motard pour le même motif. Et pendant la journée j’avais déclenché deux flashs sur la route, probablement pour excès de vitesse dans une zone habitée. À certains endroits, sur la Route 1 sur laquelle j’étais, la vitesse était limitée à 40 km/h. J’avais dû passer à 45.</p>


<p>J’avais également déclenché la fureur d’un camionneur. Je l’avais doublé dans une zone autorisée, mais quand je me suis rabattue sur la droite après l’avoir doublé, la zone était devenue interdite au dépassement. Il a fait retentir son klaxon à plusieurs reprises. Le règlement, c’est le règlement, et je devais apprendre à le respecter à la lettre.</p>


<p>Quinze kilomètres après avoir quitté Bourg et juste avant de passer Magdebourg, j’ai franchi l’Elbe. Ce fleuve qui prend sa source en République tchèque, se jette dans la mer du Nord à Hambourg. Il constitua la limite orientale de l’empire de Charlemagne et marqua, jusqu’en 1990, la frontière entre la RFA et la RDA et, par la même occasion, entre l’Ouest et l’Est.</p>


<p><img src="/blog/images/Europe/eolienne.JPG" alt="" style="float:left; margin: 0 1em 1em 0;" />L’autoroute allemande à six voies sur laquelle je roulais, l’E34, m’a conduit tout droit au cœur industriel de l’Allemagne, la grande vallée de la Ruhr et du Rhin. Malgré l’industrialisation massive de cette région, j’ai eu l’agréable surprise de traverser de nombreux coins de campagne, hérissés là aussi, comme toutes les régions que j’avais traversées depuis ma sortie de Pologne, de nombreuses éoliennes pour produire de l'électricité. Pas une seule ligne d’horizon sans tomber sur ces sentinelles du vent. En Allemagne les Verts avaient remplacé les Rouges. La défense des arbres s’était substituée à la défense des prolétaires.</p>


<p>J’avais débuté mon parcours de la journée sous la pluie en franchissant un grand fleuve européen. Je l’ai terminé de la même façon en franchissant le Rhin. Parti de Suisse sur les flancs du Saint-Gothard, ce fleuve traverse ou longe six pays en plus de constituer une frontière naturelle entre la Suisse et le Liechtenstein, entre l'Allemagne et la Suisse et entre l'Allemagne et la France.</p>


<p>Après avoir si longtemps divisé ces deux derniers pays, qui au cours des derniers siècles s’étaient entredéchirés pour se l’approprier tout entier, les hommes avaient fini par réaliser que ce fleuve n’était pas là pour les séparer, mais pour les réunir; comme l’avait si justement écrit Victor Hugo: «&nbsp;<em>Il y a toute l'histoire de l'Europe dans ce fleuve des guerriers et des penseurs, dans cette vague superbe qui fait bondir la France, dans ce murmure profond qui fait rêver l'Allemagne. Le Rhin réunit tout.</em> »</p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.blocteur.net/blog/index.php?2006/10/19/172-berlin-j-140-237-km">
  <title>Berlin (J + 140, 237 km)</title>
  <link>http://www.blocteur.net/blog/index.php?2006/10/19/172-berlin-j-140-237-km</link>
  <dc:date>2006-10-19T21:04:40+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>Fabrice Blocteur</dc:creator>
  <dc:subject>Europe</dc:subject>
  <description>Je viens de tomber sur un autre très bel endroit où passé la nuit avec une chambre très large aux poutres en bois apparentes. Bien que je n’étais qu’à quelques kilomètres de Magdebourg, j’ai préférer chercher un hôtel à l’extérieur de cette grande ville. Je me suis arrêté à...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p><img src="/blog/images/Europe/villapension.jpg" alt="" style="display:block; margin:0 auto;" /><br /></p>


<p>Je viens de tomber sur un autre très bel endroit où passé la nuit avec une chambre très large aux poutres en bois apparentes. Bien que je n’étais qu’à quelques kilomètres de Magdebourg, j’ai préférer chercher un hôtel à l’extérieur de cette grande ville. Je me suis arrêté à Bourg et suis d’abord allé à l’hôtel C.V. Clausewitz. À cause du nom. Officier et théoricien militaire prussien, c’est à lui que l’on doit cette phrase fameuse: <em>«&nbsp;La guerre n’est que la poursuite de la politique par d’autres moyens »</em>. Il est l'auteur du traité <em>De la Guerre</em> qui demeure un ouvrage majeur de stratégie militaire. J’ignore s’il est né ici. Pas impossible.</p>


<p>L’hôtel ne payais pas trop de mine mais je me suis quand même renseigné sur le prix des chambres&nbsp;: 55 €. Même pour dormir dans la chambre au Clausewitz est né, je n’étais pas prêt à payer ce prix.</p>


<p>J’ai retraversé une partie de la ville et suivi une affiche indiquant une pension. La Villa Wittstock est vraiment superbe. Bâtie sur trois étages, la maison paraît très ancienne. Je ne serais pas surpris qu’elle existait déjà lors du passage de Madame de Bourboulon</p>


<p><img src="/blog/images/Europe/reichstag.jpg" alt="" style="float:right; margin: 0 0 1em 1em;" />J’étais arrivé devant le Reichstag à midi. Je n’y serais jamais arrivé aussi rapidement et aussi facilement sans le GPS. J’avais tracé la route hier à l’aide de l’ordinateur que j’ai téléchargée dans l’appareil. Je n’avais plus qu’à suivre les indications pour me retrouver au centre de Berlin.</p>


<p>Mon dernier passage dans la capitale allemande remontait à dix-sept ans. Mon frère m’avait invité à son mariage et j’étais arrivé en France quelques jours avant la cérémonie. J’en avais profité pour aller faire un tour à Berlin. J’avais pris un train de nuit bondé et je n’avais pas fermé l’œil de la nuit. Je l’avais passée à discuter avec un Polonais vivant en France, un catholique pur et dur, plus catholique que son concitoyen de pape vivant au Vatican à l’époque.</p>


<p>J’avais débarqué du train au petit jour et je m’étais dirigé vers le point de passage <em>Checkpoint Charlie</em> pour passer à Berlin Est. J’avais obtenu un des derniers visas pour passer de l’autre côté du mur. Il venait de tomber et le rideau de fer de s’ouvrir. Les visas n’étaient plus que des formalités inutiles. Devant le Reichstag, de vieilles voitures essoufflés chargées à raz bord de bagages arrivaient par dizaines des pays limitrophes de l’Europe de l’Est et la plupart du temps rendaient l’âme sur place. Il régnait ce jour-là à Berlin une ambiance de fête indescriptible.</p>


<p>Les gens s’agglutinaient devant les vitrines de magasins d’électronique pour suivre sur des postes de télévision l’histoire qui s’écrivait sous leurs yeux, et, par la même occasion, assister en direct à la chute du dictateur roumain Ceausescu évincé du pouvoir par une foule au cri de <em>Ti-mi-soa-ra, Ti-mi-soa-ra</em>, une ville roumaine où l’armée avait tiré sur des manifestants en faisant de nombreuses victimes.</p>


<p>Je m’étais promené toute la journée du côté de la Porte de Brandebourg en participant, moi aussi, à l’aide d’un marteau et d’un burin, à la collecte de quelques morceaux de béton en démantelant une partie de ce mur qui pendant plus d’une génération avait symbolisé la séparation des Européens de l’est de ceux de l’ouest.</p>


<p>J’avais repris un train de nuit le soir même, toujours bondé et toujours sans pouvoir dormir pour pouvoir assister au mariage de mon frère le lendemain. Deux jours plus tard, le jour de Noël, Leonard Bernstein avait offert un concert aux habitants de Berlin enfin réunis. Il avait interprété la 9ème symphonie de Beethoven, <em>l’Ode à la joie</em>, que les Européens de la CE se sont donnés comme hymne communautaire. Ce jour-là, les paroles en avaient été quelque peu changées&nbsp;: le mot allemand <em>freude</em> (joie) avait été remplacé par <em>freiheit</em> (liberté).</p>]]></content:encoded>
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